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  • Le retour de Jack Cariou

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                              "Vous ne savez même pas pourquoi l'eau bout!"

                                               Révélations (Michael Mann)

     

        Journal de Jack Cariou, station Charcot, mardi 16 novembre: je suis revenu à la station Charcot! Pourquoi? Parce que l'hiver revient et que les forces diminuent, ce qui fait que je suis fatigué de RAM! J'ai besoin de silence, de paix, car RAM continue comme un disque rayé!

        J'ai marché longtemps sur la glace, pour arriver par mes propres moyens! Il reste toujours les jambes, quand on veut bouger! J'ai retrouvé des gestes simples, une économie saine: il faut se protéger du froid, faire à manger, ne pas transpirer, etc. Tout le bourdonnement de RAM a disparu, emporté par la plainte du vent!

        On ne se rend jamais assez compte combien nous sommes encombrés par notre confort! La station Charcot est dans un triste état, mais peu importe! J'ai ouvert la grande porte, qui maintenant grince et menace de se coincer! A l'intérieur, beaucoup de ruines, mais j'ai aménagé mon petit chez moi et mon parcours quotidien.

        La seule pièce vraiment chauffée est ma chambre, où je me sens bien. Je n'ai pas peur de la solitude, ni des fantômes, car désormais je ne pense plus à ce qui s'est passé ici... J'ai changé, encore mûri et c'est heureux, car en apparence le monde est toujours le même et navrant! Je vais régulièrement de ma chambre à la cuisine et au grand réfectoire! Tout cela est bien démesuré pour un homme seul, mais j'y accueille encore plus le silence! Ce que j'aime viscéralement c'est de sentir le temps, comme s'il était un compagnon ou une goutte de rosée, que je recueillerais dans la main!

        Ainsi, je m'aperçois que des heures, qui semblent un peu tristes, sont au fond à chaque seconde lumineuses! C'est un bonheur tranquille, qui ne demande rien, qui est au plus près de l'instant! Rien n'est pire à mon avis que de se vider, à force de discussions, de se répandre dans l'autre! C'est une ivresse stérile et c'est ce qui fait principalement le malheur de RAM, qui pourrait aussi s'appeler le Royaume de la domination!

        Le vent gémit et j'adore ça! Il a l'air de souffrir et moi pas! J'attends! Je pèse le temps! Bien sûr, l'homme ne peut vivre sans compagnie! Il a besoin de ses semblables, de communiquer, d'échanger, mais celui qui ne se bonde jamais ne voit nulle profondeur et n'évolue pas! Ainsi va le flot désespérant de RAM!

        Je prépare donc mes repas, comme un nain dans la cuisine d'un géant et je mange sur une table, en ayant l'air de devancer tout le monde! Chacun de mes mouvements entraîne un bruit qui résonne, mais je suis tranquille, les yeux sur la neige qui tombe! Le moindre changement dans le ciel m'intéresse et je prévois de mieux en mieux les conditions du lendemain... C'est ce que j'appelle le repos! J'ai en effet d'arrêter d'expliquer, d'essayer de me faire comprendre et d'être en bute pour cela à la haine!

        Car donner la solution n'arrange rien, bien au contraire! C'est bien cela aussi l'hiver! Il ne s'agit plus d'exposer ses fruits, de faire feu de tout bois, d'être solaire, vif à la bataille! La sève se retire et il importe de jouir du calme, de désormais s'économiser, comme les bêtes et les plantes! Malheur à celui qui ne peut supporter cette situation, à cause de son angoisse! Tôt ou tard, il se blesse! Le corps fragilisé s'est rompu!

        Je lis un peu, joue quelquefois aux échecs électroniques..., mais je me garde de pester contre la machine, si je perds... Il n'est plus temps de vouloir gagner! Le vent me réveille la nuit, car il me donne l'impression que des gens discutent ou complotent dans le couloir! Alors je tends l'oreille et l'attention qui est créée me sert encore dans la journée... Une des questions qui me revient le plus souvent, évidemment, c'est pourquoi si peu sont intéressés par Dieu? Pourquoi il y en tant à vivre sans l'aimer, sans même se demander s'il existe?

        Cette indifférence est si grande qu'il est normal que celui qui croit doute! Il ne peut en être autrement et rien qu'une phrase comme celle-ci: "Ne vous préoccupez pas de ce que vous mangerez, car Dieu y pourvoira!", si elle était encore dite haut et fort, elle provoquerait un hurlement d'un bout à l'autre de la planète! Ce ne serait que moqueries et cris d'indignation partout! Pourtant, ce n'est que la suite logique de la foi, car, si Dieu existe, il est normal qu'il veille à nous nourrir, même si on ne doit pas taper du pied dans un coin, en disant: "J'attends!"

        Celui qui a une foi sincère se retrouve donc seul, tandis que les autres assurent leur sécurité, leur retraite! Il s'agit bien de ne pas avoir peur, d'avoir confiance, de croire! Et la porte s'ouvre, car, pour moi, les choses sont à présent bien plus claires et même évidentes! Le Royaume de Dieu est le royaume de la beauté! C'est la nature vue par la conscience qui voit la beauté comme un don infini, une preuve d'amour sans pareille! Et comme c'est un don, il inclue l'autre! Il s'adresse à tous les hommes!

        Encore faut-il le recevoir et cela n'est pas possible si on reste attaché à sa domination, si l'horizon, c'est soi! Alors, la beauté paraît facultative; on ne la voit que de loin en loin! Elle n'est pas essentielle et le don de Dieu, son amour donc, son existence échappe à l'individu, qui continue d'avoir peur et de lutter contre les autres! Ainsi se forme le second Royaume, celui de la domination, qui n'est en fait que celui des hommes, puisqu'ils y sont presque tous rassemblés!

        Dans ces conditions, il est inévitable que le Royaume de la domination essaie de détruire l'autre Royaume, celui de la beauté! Puisque celle-ci reste invisible et semble n'être là que pour être dominée! La nature est saccagée, polluée et nous arrivons à la situation actuelle, où le Royaume des hommes est en danger, à force de détruire l'autre Royaume! Il n'y a pas de salut sans la reconnaissance du Royaume de la beauté! Il n'y a pas de salut sans prendre conscience du don , de l'amour de Dieu! Il n'y a pas de salut sans foi!

        Car, on ne peut pas vivre sans la domination, s'il n'y a pas de fraternité humaine! La reconnaissance de la beauté mène forcément à la fraternité et à l'extinction de la domination! Mais, comme nous ne voulons pas comprendre, ni écouter, nous apprendrons dans les larmes! Quand nous aurons tout perdu, nous serons fraternels, solidaires! Nous aurons enfin le cœur léger et la vie nous semblera belle, mais à quel prix, après combien de disparus et de larmes? Il a fallu les millions de morts de la Seconde guerre mondiale, pour calmer nos ardeurs guerrières!

        Quand nous aurons tout perdu, alors nous serons fraternels et solidaires et alors nous n'aurons même plus peur du lendemain! comme dans la parole citée plus haut! Elle n'est donc pas si idiote que ça! Evidemment, celui qui voit le don de Dieu n'est plus le même homme! Il a une assurance, une légèreté, une force que les autres n'ont pas! Sa foi est tel un rocher, ce qui n'est pas le cas pour la plupart des croyants! L'Eglise et les temples sont sous le joug de la domination! Même pour eux, le Royaume de la beauté est invisible!

          Mercredi 17 novembre... Dans le silence et la paix, les choses m'apparaissent avec beaucoup de recul et comme extrêmement résumées! Je vois notamment l'humanité se dévorer elle-même, puisqu'elle menace la planète... Mais la domination pour l'homme est une maladie! A quoi nous sert la conscience, si nous ne dépassons pas le stade animal? C'est comme si nous refusions de nous développer, d'utiliser un "muscle" qui nous est propre et qui par conséquent s'atrophie! Combien ne fonctionnent pas comme des disques rayés? Ils se persuadent par exemple que le problème, leur souffrance vient du gouvernement et il se lève et tape sur celui-ci! Puis, il se couche et se lève et de nouveau tape sur le gouvernement! Puis, il se couche, etc.!

        La domination est une maladie pour l'homme! C'est un cancer, dont nous assistons à la progression aujourd'hui! Nous polluons l'atmosphère, nous nous détruisons, mais notre attitude face à la menace reste celle des crocodiles, quand leur marigot s'assèche! Nous avons une conscience collective, mais à peine et comment pourrait-il en être autrement! C'est la domination qui nous régit! Cela veut dire que ce qui donne un sens à notre vie, c'est le sentiment de notre supériorité sur l'autre, essentiellement grâce à l'argent et au profit! Voilà notre arête, notre garde-fou et il faudrait en changer brusquement, trouver subitement une autre raison de vivre, alors que celle-ci nous paraît si naturelle et que le danger n'est même pas imminent?

        C'est impossible et nous continuons à croire qu'on est le plus fort et qu'on survivra! Comment obtenir un accord satisfaisant au niveau mondial, quand, dans notre quotidien, nous ne voyons déjà pas pourquoi il nous faudrait changer? Et comment espérer enrayer le réchauffement climatique, sans une modification profonde, radicale de notre comportement? Tant que la domination nous tient, nous nous condamnerons!

        Or, la solution est merveilleusement simple! Imaginons que les crocodiles, face à la sécheresse, ne se battent pas, mais au contraire ils commencent à se respecter les uns les autres! Ils partageraient donc l'eau, ils n'auraient pas peur et auraient une chance de survie bien supérieure! Chez les hommes, ce serait encore plus évident, car ils veilleraient à ce que la situation ne se répète pas! Ils construiraient des digues, etc. La solution est merveilleusement simple, car c'est: "Aimez-vous les uns les autres!" Il n'y en a pas d'autres, comme le montre l'échec des accords! Evidemment, par là, on quitte la domination! Il ne s'agit plus d'imposer son ego! Et c'est ici que ça coince! Car comment faire le pas, accepter de ne pas vaincre, avoir confiance, sans connaître le deuxième Royaume, celui de l'esprit, de la beauté, du don de Dieu?

        Le renoncement amène a priori et aussitôt l'amertume et le dégoût! Encore s'amputer de soi-même, se restreindre, encaisser sans rien dire? Quelle horreur! Mais respecter l'autre, l'aimer, c'est se respecter, s'aimer soi-même! Ce que vous pardonnez à l'autre, vous vous le pardonnez à vous-même! Ce que vous louez chez l'autre, vous le fêter également chez vous! Donner toute sa dimension à l'autre, c'est se grandir tout autant soi-même!

        La domination est une maladie pour l'homme! En effet, ce n'est pas seulement une espèce qui met son environnement en péril, mais c'est aussi des individus qui veulent être le centre de tout, car la domination est portée à l'extrême, pour combler un vide et échapper à l'angoisse! Nos sociétés sans boussole accouchent de monstres! Des bandes attaquent les forces de l'ordre, car ce sont elles la loi! Des adolescents en tuent un autre, qui les gêne, ainsi qu'il ne serait qu'un paquet de linge sale, puisque la domination doit être totale, incessante! Elle est telle que, si elle est menacée, elle conduit au drame! De même, une fille déclare faussement avoir échappé à un rapt, de sorte qu'elle devient unique sur le devant de la scène! La séduction est la domination féminine et elle appelle instinctivement les regards, mais aujourd'hui elle peut mobiliser tout un pays!

        Le pas à franchir, pour libérer la domination, est forcément spirituel et même il ne peut être guidé que par l'amour! Celui-ci se révèle à nous par le don de Dieu, par l'infinie beauté de la nature, dont nous faisons bien sûr partie: car la beauté et l'amour de Dieu peuvent se retrouver en chacun d'entre nous! Mais nous ne voyons même pas le ciel, le nez sur nos écrans et nos smartphones! Nous ne regardons rien à part nous-mêmes! Nous sommes rivés à notre domination, à notre nombril! Nous n'avons aucun intérêt, si nous ne sommes pas concernés! Pourtant, les magnifiques nuages continuent chaque jour à nous donner leur spectacle gratuit! La beauté est la clé du Royaume de Dieu!

        Jésus témoigne aussi de cette proximité! Le Royaume de Dieu est une réalité ici et maintenant et il est un don d'amour, voilà la Bonne nouvelle de Jésus! Lui-même est comblé d'amour par l'esprit et il veut le faire comprendre. Il voit tellement bien cet amour qu'il accepte d'offrir sa vie! Il n'y a pas de preuve de foi plus grande et ce serait vain, si cela ne servait à chacun pour croire et s'affermir! C'est comme une porte constamment ouverte dans la nuit!

        Le Royaume de Dieu n'est pas à voir comme une récompense future, même s'il est une forcément, car le croyant en mourant rencontre son amour, mais il est d'abord à comprendre comme un don, de sorte que l'on se sente aimé, avant même d'aimer! Fi des histoires de péchés, de contrainte, de renoncement, bien que ce dernier vienne tôt ou tard, mais sans peine! Le Royaume de Dieu est d'abord une joie, une chose incroyable, insensé même, car cela veut dire non seulement que Dieu est amour, mais que notre futur l'est également! L'homme ne pourra survivre que s''il aime!

        On est là aux antipodes des discours ambiants, faits de chiffres notamment! Mais on ne peut voir et comprendre le Royaume de Dieu qu'avec une âme d'enfant, qu'avec sa simplicité. Dieu est et nous aime, c'est cela le miracle! Cela n'exige a priori aucun effort! Ce dernier ne vient que librement, quand on aime à son tour, plein de l'amour divin! Notre monde s'enfonce dans la nuit et c'est maintenant que l'amour est le plus lumineux!

  • Les deux royaumes

    Deux royaumes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La domination s'approcha terrible!

    Elle tourna vers les Pierres sa tête bestiale

    Et leur cria: "Quoi? Nous serions la risée du monde?

    Il faudrait être gentil!

    Se réfréner!

    Se museler!

    Avoir peur!

    Mais ne sommes-nous pas les plus forts?

    Ne sommes-nous pas les maîtres?

    Les meilleurs?"

    Les Pierres exultèrent!

    Un immense "Si" sortit de leur bouche!

    La domination eut un sourire,

    Puis elle reprit: "Je maudis le faible!

    Le perdant!

    Le gentil!

    Le donneur de leçons!

    Le moraliste!

    Tous ceux qui n'ont pas de sang dans les veines!

    Tous ceux qui empêcherait le nôtre de bouillir!

    Car ce qu'ils veulent au fond, c'est nous détruire!

    C'est notre place! Celle des premiers!"

    Une clameur secoua la foule comme une onde!

    Des Pierres pleuraient, impatientes, hystériques!

    D'autres levaient le poing, pour montrer leur haine!

    La domination frappa son pupitre:

    "Je vois des villes d'or à l'infini!

    Une économie puissante, prodigieuse!!

    Je vois de l'argent pour tous!

    Du pouvoir pour chacun!

    Je nous vois au sommet!

    Je nous vois triomphants!

    Je nous vois vainqueurs!

    Rayonnants pour l'éternité!"

    Maintenant les Pierres étaient ivres!

    Certaines attrapèrent des passants

    Et les tuèrent!

    Les yeux étaient rouges!

    Pleins du feu de la colère!

    Le temps de subir était révolu!

    La domination étendait son aile!

    S'imposait dans tous les cœurs

    Et les Pierres se mirent en marche!

    La ville prit de l'ampleur,

    Les routes se multiplièrent,

    Les usine fonctionnaient à plein régime!

    On repoussait la nature incessamment!

    "Place! Place!" lui disait-on!

    On l'écrasait!

    Le domination criait: "Plus vite! Plus fort! Plus grand!"

    Elle attisait la violence!

    Elle répandait le mépris, la haine, sa nuit!

    Et les Pierres suaient, montraient les dents,

    S'injuriaient, se blessaient, se tuaient!

    Mais la domination était sans pitié!

    Elle faisait peur si on n'allait pas assez vite!

    Son char passait sur ceux qui tombaient!

    On entendait gémir au royaume des Pierres!

    L'impression d'un désert rendait triste,

    Mais nul n'osait se tourner contre la domination!

    Et puis il y eut une sonnerie d'alarme!

    Un avertissement!

    Puis, un autre et encore un autre!

    D'où cela venait-il?

    La reine Beauté avait le visage grave...

    Elle savait ce qui se passait,

    Mais elle écoutait les plaintes de ses sujets!

    Il y avait là toutes sortes d'animaux et de plantes...

    Ils étaient affolés, harassés, harcelés!

    Des petits étaient hagards, livides!

    Un chef parlait:

    "Les Pierres envahissent ton royaume, ô ma reine!

    Elles ne respectent rien!

    Elles saccagent tout!

    Nous fuyons devant elles,

    Car rien ne les arrêtent!

    Ceux qui restent en arrière sont condamnés!

    Nous n'en pouvons plus, ô ma reine!

    _ Je ne le vois que trop bien!

    Mes pauvres enfants!

    Rejoignez mes jardins,

    Vous y serez en sécurité!"

    Les animaux et les plantes laissèrent la reine

    Et elle se tourna vers la fée Lumière...

    "Les imbéciles! lui dit-elle.

    Les Pierres scient la branche sur laquelle elles sont assises!

    Elles se condamnent elles-mêmes!

    Mon royaume a ses propres lois

    Et celui qui les méprise

    En subit les conséquences!

    Des catastrophes vont se produire

    Et elles n'y résisteront pas!

    Elles sont bien trop fragiles!

    Mais pourquoi s'obstinent-elles?

    Pourquoi si peu se tournent vers toi, fée Lumière?

    N'avons-nous pas été assez clairs?

    _ Elles sont aveugles, malades! Elles ont peur!

    _ Oui, mais elles ont tous les éléments!

    Des messages sont sans équivoque!

    Beaucoup leur a déjà été donné!

    L'Amour leur a parlé en personne!

    L'Amour est mort pour elles!

    Pour qu'elles voient et qu'elles croient!

    Elles sont terribles,

    Car elles ne changeront que contraintes et forcées!

    Mon royaume se défend a sa manière,

    Sans haine!

    Mais on ne peut le détruire sans se détruire soi-même!

    Combien de larmes faudra-t-il pour ouvrir le cœur des Pierres?

    Pour qu'elles cèdent!

    Qu'elles aient en horreur leur maître!

    Pour qu'elles aiment au lieu de dominer?

    Où est l'enfant?

    _ Où veux-tu qu'il soit? Il s'amuse dans ton jardin!

    _ Allons le voir! dit la reine avec un sourire."

        L'enfant était dans les voiles de la beauté! Des risées sur l'eau semblaient des cottes de mailles, fines comme de la soie! Le reflet des nuages dessinaient un dragon aux grandes dents blanches et à la queue bleue! A chaque seconde, le paysage changeait, se transformait avec des nuances infinies... Sa majesté, sous le vol calme des oiseaux, ravissait l'enfant... La reine s'adressa à lui: "Tu le sais, tu ne peux rester ici indéfiniment! Ta place est parmi les Pierres! Tu as besoin d'elles malgré tout, car tu ne peux exister sans exprimer ce que tu vois! Ton être ou ta conscience doivent se défendre, sinon tu t'étioleras et tu seras écrasé!

        _ Oui et ce que je vois ici, c'est un don, un amour infini! C'est le jour et le repos, quand les Pierres sont dans la nuit et l'agitation! Mais, ô ma reine, elles n'écoutent pas!

        _ Je sais... Mais les événements, qu'elles provoquent elles-mêmes, devraient les conduire à réfléchir..."

        L'enfant opina et repartit pour le monde des Pierres... La haine, la hargne étaient visibles chez les premières qu'il rencontra... L'enfant commença à suer: "Et voilà! Les difficultés reviennent! Chacune est prête à exploser! veut vaincre, avoir raison! Je vais prendre ma gourde à Respect, qui m'a été donnée par la reine, et je vais en verser quelques gouttes à chaque fois, tout en gardant le sourire! Ainsi, la lumière se répandra! L'amour sera semé!"

         Ainsi allait l'Enfant, parmi les dents et les visages mornes!

  • La fée Lumière

    La fee

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les beaux jours étaient terminés

    Des pluies froides battaient la ville

    Les pierres avançaient la tête basse

    Les nouvelles étaient mauvaises

    On disait que le dieu Argent

    Se révoltait au Nord

    Qu'il réunissait des troupes

    Et qu'il marcherait bientôt sur la ville!

    Les cœurs étaient serrés

    Par l'inquiétude

    On comptait ses sous

    On se privait

    On regardait l'autre avec colère

    On était sans espoir

    On avait une impression de ténèbres

    De couloir sans fin

    D'une vie mécanique

    Où la joie était absente!

    On recommençait les mêmes choses!

    On avait les mêmes craintes

    Les mêmes discours!

    Comme un malade délire!

    Il fallait tenir

    Certains se livraient à des fêtes

    On les haïssait!

    On eût voulu de l'espoir

    Un vent frais

    Et non de l'ivresse!

    Du tapage!

    Les vols augmentaient!

    Des jeunes, venus du Sud, étaient sans vergogne!

    Aux abois

    Avaient toutes les audaces!

    Ne respectaient rien!

    Se moquaient de tout!

    Cela présageait d'autres catastrophes

    Comme le ciel qui était de plus en plus noir!

    La haine gagnait du terrain

    Elle se comprimait

    Telle une vague avant de déferler!

    Il y avait des gémissements

    Dans les coins obscurs

    Des mains tendus

    Des supplications muettes!

    Le dieu Argent savait tout cela!

    Il pouvait compter sur ses partisans

    Qui attisaient la violence

    Demandaient des milices

    Des jugements sommaires!

    La maladie n'avait pas non plus quitter la ville

    On portait encore le masque!

    On pensait aux morts d'hier

    D'aucuns disaient que "ça" allait repartir

    L'ambiance restait morne

    La drogue et l'alcool étaient les seules fenêtres!

    Pourtant, la fée Lumière s'apprêtait comme chaque matin!

    Il y eut d'abord une légère lueur bleue

    Dans laquelle, pour se réchauffer,

    Les pigeons de la ville volèrent,

    En groupe, les ailes bien écartées,

    Dessinant un ballet plein de grâce!

    Puis, des châteaux de nuage s'enflammèrent!

    Leurs donjons prirent une couleur orange!

    Enfin, la fée Lumière se jeta sur la ville!

    Illuminant les murs

    Réchauffant les corps

    Jetant dans les arbres mouillés mille petites flammes!

    La féerie était partout!

    Mais les pierres ne la voyaient pas!

    Y demeuraient insensibles!

    Certaines crachaient!

    La nervosité régnait!

    On se préparait à recevoir le dieu Argent!

    On était dur,

    A son affaire!

    On avait l'œil comme un silex!

    La peur était là, oppressante,

    Bien qu'inavouée!

    On voulait plaire au dieu Argent!

    Qu'il soit favorable!

    On rêvait de force, de grandeur!

    On rageait après une puissance perdue!

    La fée Lumière reposait...

    Ses nuages avançaient tranquilles!

    Dans du ciel bleu...

    Des rayons paraient les taudis

    Les logements sombres

    Où les pierres tournent en rond!

    Elles n'étaient pas heureuses!

    Que ne regardaient-elles pas le ciel?

    Que ne s'inspiraient-elles pas de la paix des nuages?

    Que ne remerciaient-elles pas la fée Lumière?

    Mais elles parlaient de catastrophes!

    Elles donnaient des chiffres!

    Elles ne comprenaient pas sœur Beauté!

    Elle seule pourtant aurait pu les apaiser!

    Mais la pierre voulait se dresser!

    L'enfant contemplait une grappe de rosée

    Sur une toile d 'araignée

    Il trouvait tout merveilleux!

    Il admirait!

    Il faisait: oh! devant sœur Beauté

    Tout l'enchantait!

    La couleur des feuilles

    Leur luisance, leur mollesse à cause de l'humidité

    Il voyait cela sur le trottoir!

    C'était un tapis pour les rois!

    Il rêvait et la fée Lumière l'aimait!

    Elle lui dit: "Va vers les pierres!

    Dis leur combien je les aime moi aussi,

    Car tu sais combien c'est magnifique!"

    L'enfant alla vers les pierres...

    Il leur dit: "Regardez sœur Beauté!

    Regarde fée Lumière!

    Une infinie magie nous entoure!

    De quoi pourrions-nous avoir peur?"

    Les pierres haussèrent les épaules!

    "Tu vois bien qu'on a autre chose à faire, non?

    _ Ah bon? Mais vous n'êtes pas heureuses!

    _ Non, parce que la vie est dure! Il faut gagner son pain!

    _ C'est vous qui faites la vie dure! J'ai votre solution!

    _ Ah ouais?

    _ Oui, aimons-nous les uns les autres!

    Ainsi, nous serons solidaires! Personne n'aura faim ou froid!"

    Ils rirent!

    Quelqu'un rota

    Puis, ils parlèrent politique!

    Si ça allait mal, c'était à cause du gouvernement!

    Il fallait diriger comme ceci, changer cela!

    Alors l'enfant vit qu'elles ne voulaient pas la beauté

    Et que le bien les ennuyait!

    Ce qu'elles voulaient, c'était se faire valoir, jouer des muscles,

    Etre plus importantes que l'autre!

    L'enfant s'échappa de la ville

    Il était presque en larmes

    Il se calma devant un vieux chêne

    La fée Lumière était là, tranquille

    "Il ne t'aime pas! dit l'enfant.

    _ Je sais! mais toi, tu es heureux!

    _ Tu es ma joie! Mon extraordinaire joie!"

    Ainsi va l'enfant parmi les pierres!

    Libre, léger, plein de forces

    Grâce à la fée Lumière

    Et les pierres disent: "Qui c'est celui-là qui est joyeux, léger?"

    Et certains le haïssent et veulent le voir tomber!

    Mais plus rien ne fait peur à l'enfant!

    Comment pourrait-il en être autrement?

    Le dieu Argent est dans la ville,

    Mais la fée Lumière le traverse!

  • Le Maître

    Le maitre

     

     

     

     

     

           

                                                           

     

     

     

    Je te parlerai du Maître!

    Du Maître de toutes choses!

    Je te parlerai du Maître,

    Car ce n'est pas un maître ordinaire!

    C'est un maître d'amour!

    Peut-on être un maître d'amour?

    Peut-on aimer et être le maître?

    Dieu est le maître,

    Car il a créé tout ce que tu vois!

    Mais il est un maître d'amour!

    Et ce qu'il veut, ce n'est ni ta soumission,

    Ni tes efforts,

    Ni ta peine,

    Ni même ton adoration!

    C'est que tu sois heureux!

    Que tu sois entièrement, pleinement!

    Joyeux et rayonnant!

    Que tu t'aimes

    Dans la joie

    Tellement que tu aimes alors tout le monde

    Et dieu et toute sa création!

    C'est cela l'amour!

    C'est la lumière qui illumine toute chose!

    L'enfant comprend cela!

    Il s'en rend compte

    Et il dit: "Ce n'est pas possible!

    C'est incroyable!

    C'est un miracle!"

    Et le mystère de l'amour de Dieu

    Commence à peine à lui être visible!

    Mais l'enfant voit bien qu'il est libre  

    Et qu'il atteint un bonheur inespéré!

    Simplement parce qu'il a gardé un cœur simple, aimant!

    Le miracle est là pourtant!

    La gratuité,

    Le don sans limites de Dieu

    Existe!

    Autant dire que le paradis est présent sur Terre!

    Il est dans la majesté

    Et le charme infini de la beauté!

    Il suffit de regarder les femmes et le ciel!

    Alors être heureux est possible

    Dans cette relation intime avec Dieu!

    Il est le père avec l'enfant!

    Il ne veut que son bonheur!

    Avec Dieu,

    Il n'est seulement question que d'amour!

    Et c'est un mystère!

    Car l'amour n'ampute ni celui qui aime,

    Ni celui qui est aimé!

    Mais l'enfant paraît étrange à la société

    Et je vais dire au monde des pierres!

    L'enfant est un sujet d'étonnement!

    Une bizarrerie!

    Qui suscite selon de la haine,

    Ou de la curiosité, ou de l'admiration!

    En tout cas, l'enfant surprend!

    Il apparaît fort, libre,

    Léger, heureux!

    Alor qu'autour tout est gris,

    Amer, terrifiant!

    Sans joie!

    Et je vais t'expliquer pourquoi!

    Les pierres ont un autre maître!

    Ce n'est pas Satan,

    Le diable n'existe pas!

    Non, le maître des pierres

    Vient de la domination animale!

    Il la prolonge, la continue tout simplement!

    Si tu veux connaître le dieu des pierres,

    Observe l'animal!

    Il chasse tout le monde de son territoire,

    Il triomphe sur les plus faibles,

    Il règne pour survivre et se reproduire!

    Ainsi est le dieu des pierres!

    Il veut le sacre de soi!

    Sa réussite!

    Sa domination!

    Rien à voir avec l'amour donc!

    Rien à voir avec Dieu donc!

    Mais Dieu est essentiellement évolution!

    Connaissance!

    L'amour est comme un arbre qui grandit,

    Vers la lumière,

    Et qui donne tous ses fruits,

    Car le voilà capable de les porter!

    Ainsi l'arbre a une histoire!

    Mais le dieu des pierres refusent de grandir!

    Il reste dans la domination!

    Au stade animal!

    Il ne profite pas de la conscience!

    Il n'en veut pas vraiment!

    Il dit qu'elle est un accident!

    Une chose étrange!

    Incompréhensible!

    Insondable!

    Mais tu vas voir quel dieu est celui des pierres!

    Car on peut lui donner un autre nom:

    Il s'appelle encore Orgueil!

    C'est un dieu terrible,

    Cruel,

    Atroce!

    D'abord, il t'impose d'avoir toujours raison!

    D'avoir toujours le dernier mot!

    Ben dame, il manquerait plus que tu paraisses inférieur!

    Ignorant!

    Petit!

    Le dieu orgueil surveille tout!

    Il ne faut pas que la moindre mèche dépasse!

    Qu'il y ait la moindre erreur!

    Ben dame, que vont penser les gens?

    Le dieu orgueil épuise, rend esclave!

    Il contrôle tout!

    Ne pas montrer qu'on a besoin!

    Qu'on a de la peine!

    Qu'on ne sait pas!

    Qu'on veut tout simplement!

    Il tue à la tâche!

    D'autant qu'il murmure: "Tu es seul! Le ciel est vide!"

    Alors comment la vie ne pourrait-elle pas être terrifiante,

    Amère?

    Pourtant, l'enfant témoigne!

    "La beauté est partout! chante-t-il.

    "La lumière existe!

    Le bonheur est possible!

    N'ayez pas peur!

    C'est l'amour roi!

    L'amour triomphant!

    Personne n'y perd!

    Tout est possible à l'infini!"

    Ainsi témoigne l'enfant!

    Mais les pierres sont hautaines et dures!

    Elles font peur et elles ont peur!

    Ben dame, elles sont libres

    Et pourtant aimées,

    Mais elles ne veulent pas le croire!

  • Les clés du Royaume

    Les cles

     

     

     

     

                                                "C'est un grand blanc!"

                                                  Les Dents de la mer

     

     

     

     

     

    Je te parlerai encore du Royaume de Dieu!

    Du vertige!

    Du mystère!

    De la joie!

    De l'infini!

    De l'amour!

    De l'eau!

    De ta nourriture!

    De ta tranquillité!

    De la paix!

    De la beauté!

    Du grandiose!

    Du fabuleux!

    Du légendaire!

    De la profusion!

    Et tu verras aussi le drame!

    Le brouillard!

    La bassesse!

    L'aveuglement!

    Car l'homme vit dans la nuit!

    Dans sa domination!

    Dans son désert!

    Dans sa douleur!

    Dans son égoïsme!

    Instinctivement!

    Je te parlerai du Royaume de Dieu!

    De son murmure!

    De son eau fraîche!

    Car le Royaume de Dieu donne à profusion,

    Mais ce n'est pas la richesse matérielle!

    C'est un pain spirituel,

    Le seul qui nourrit l'âme!

    Sitôt le ventre plein,

    Nous pensons à nous,

    A notre développement,

    A nos projets,

    A nos plaisirs,

    Mais si la domination est le maître,

    Il nous fait esclave!

    Car il n'en a jamais assez!

    Il nous assèche!

    C'est un désert!

    Qui use,

    Détruit,

    Fait vieillir!

    Nous voilà cassés,

    Au bout du chemin!

    Amers!

    Nous mourons dans le vide,

    Sans espérance!

    Comme une chose de rebut,

    Qui n'avait pas de sens!

    Nous mourons dans la nuit!

    Sans amour!

    Avec la douleur d'une conscience!

    Sans la "paix" des animaux!

    Pierre!

    Vieille pierre!

    Drôle de pierre!

    Qui veut sa liberté

    Et qui s'enferme dans la prison

    De la domination!

    Jusqu'au bout!

    Les dents serrées!

    Pleine de haine!

    A cause du gouvernement!

    Du passe!

    Des étrangers!

    De l'Europe!

    Du voisin!

    Du capitalisme!

    Des chômeurs!

    On s'invente un ennemi!

    Car la domination a besoin d'un combat!

    De vaincre!

    La liberté,

    L'amour lui fait peur!

    Car c'est d'abord l'insécurité!

    Drôle de pierre,

    Qui croit qu'on peut vivre comme ça,

    Avec la sécurité,

    Et qui se dévore le foi,

    Sans savoir pourquoi!

    Drôle de pierre,

    Qui grimace tout le temps,

    Car il y a toujours quelque chose qui ne va pas!

    Drôle de pierre,

    Qui a peur de l'ennui

    Et qui s'agite,

    Qui s'inquiète tout le temps!

    Drôle de pierre,

    Qui puise de l'eau

    Qui n'étanche pas la soif

    Et qui ne veut même pas le reconnaître!

    Qui boit toujours le même poison!

    Celui de sa supériorité!

    Qui est toujours esclave!

    Et qui cherche d'autres esclaves,

    De plus faibles,

    Un public

    Pour goûter,

    Une seconde!

    Un éclair de joie!

    Un triomphe

    Aussitôt éteint!

    Quelle misère!

    Quelle pauvreté!

    La pierre pousse la charrue

    De son égoïsme

    Et son champ est sans fin!

    Et sa tyrannie est sans fin,

    Comme sa destruction!

    Car la pierre détruit tout!

    La nature lui est étrangère,

    Même au paysan!

    Même au chasseur!

    Triste pierre

    Qui agresse sans cesse,

    Pour se nourrir

    Spirituellement!

    Triste pierre,

    Qui fait ici notre vallée de larmes!

    L'enfant, lui, n'est pas riche matériellement,

    Car comment pourrait-il croire?

    L'enfant n'a pas la sécurité,

    Car comment pourrait-il voir la gloire de Dieu?

    L'enfant n'a pas le pouvoir,

    Car comment pourrait-il voir le Royaume de Dieu?

    L'enfant ne triomphe pas parmi les hommes,

    Car comment pourrait-il aimer Dieu?

    L'enfant n'est pas très intelligent,

    Car comment verrait-il la simplicité de Dieu?

    L'enfant n'agresse pas,

    Ne veut pas vaincre,

    Dominer,

    Supplanter,

    Car comment connaîtrait-il Dieu?

    Comment l'aimerait-il,

    S'il s'aimait comme la pierre?

    L'enfant est à la fois Dieu et lui-même!

    Il est à la fois mystère et raison!

    Le signe de l'enfant?

    La paix!

    La joie tranquille!

    La patience!

    L'enfant se tait,

    Quand tout le monde parle!

    L'enfant comprend,

    Quand tout le monde juge et mord!

    L'enfant aime,

    Quand tout le monde hait!

    L'enfant écoute,

    Sait voir,

    Sait quand il est fatigué!

    Il va tranquille...

    Il tient sa peur en laisse...

    Il est le souffle de Dieu!

    Il en est illuminé!

    Il est la lumière parmi les pierres!

    Il essuie leur mépris!

    Il s'en amuse!

    Il rit de lui-même!

    Pardi, il est amoureux!

    Le niais!

  • La Puissance de Dieu

    La puissance

     

     

     

     

     

                            "C'est envoyer la souris au chat!"

                                                  First blood

     

     

     

    Je te parlerai de la puissance de Dieu!

    Car les pierres ne la voient pas,

    Ni ne la veulent!

    Ainsi elles sont rongées par le stress et l'inquiétude!

    Ainsi sont-elles dans un cercle vicieux,

    Puisque la peur engendre l'égoïsme ou la domination

    Et que ceux-ci amplifient la peur,

    Rendent le monde de plus en plus dur!

    Les pierres semblent accabler de problèmes,

    Ce qui n'est pas le cas de l'oiseau

    Et encore moins celui de la limace,

    Qui glisse énorme dans les bois!

    Pourtant la conscience est une chance!

    C'est la liberté

    Et c'est la connaissance de Dieu!

    La conscience est un chemin!

    C'est une voie de développement,

    Une ouverture sur le monde et l'Univers!

    Nous nous civilisons,

    Nous nous individualisons,

    Nous inventons toutes sortes de choses pour notre bien-être,

    Notre santé, notre sécurité

    Et il est évident que le progrès,

    C'est nous-mêmes en plus,

    C'est toujours plus de conscience!

    Nous avons la chance d'être libres,

    Mais nous ne regardons pas autour de nous!

    Nous limitons notre regard

    Et le monde nous devient incohérent!

    Terrible!

    Effrayant!

    Et nous nous détruisons, ainsi que ce qui nous entoure!

    Nous vivons comme des taupes hystériques!

    Nous sommes pleins de violence!

    De haine!

    De meurtres!

    Et pourtant nous n'avons pas faim!

    Mais Stress nous commande

    Et Domination également!

    Nous sommes sans pitié comme les animaux!

    Mais regardons-nous...

    Vois ce camion qui passe...

    Il est lourd, massif...

    Il semble écraser tout ce qu'il y a sur son passage...

    A son passage, on rentre les épaules...

    On serre les dents...

    On est assommé!

    On se dit: "Voilà de la puissance!"

    Mais vois ce chantier...

    Du bruit! Du bruit!

    Ecrasant!

    Choquant!

    Le bâtiment s'élève...

    Lui aussi est spectaculaire...

    Il domine!

    Eh! C'est qu'ici on bosse! On rigole pas!

    C'est du sérieux!

    C'est plein de problèmes... et d'inquiétudes!

    Regarde! C'est la puissance des pierres!

    Circule le va-nu-pieds! le chômeur! Le rêveur!

    Le monde est en marche! Hein! et ça t'épate, pas vrai?

    Regarde ma belle voiture! T'en "chiales" d'envie, hein?

    Regarde mon beau manteau! Hein? Il montre combien je suis riche!

    J' suis pas un rigolo, moi!

    Ainsi parlent les pierres!

    Ainsi est leur puissance!

    Mais voici la puissance de Dieu!

    Je t'en parle, pour que tu chantes, que tu aimes

    Et que toi aussi tu chantes sa gloire,

    Pour ta plus grande joie,

    Parce que tu seras rempli de sa puissance et sa lumière!

    Parce que tu seras heureux de son existence!

    Parce que tu auras sa puissance par lui!

    C'est ton cœur qui débordera d'allégresse!

    Vois maintenant!

    Au-dessus du camion, du chantier,

    Au-dessus des tribulations des pierres,

    De leur folie et de leur méchanceté!

    Au-dessus de leur aveuglement,

    Vois le nuage immense et éclatant!

    Qui a sa puissance?

    Qui est aussi fort?

    Qui est aussi pur, aussi paisible?

    Vois la paix de Dieu dans la nature!

    Respire-la! Détends-toi!

    Vois le paysage et le rayon qui perce les nuages!

    Là-bas, il éclaire un champ comme un citron!

    Il fait luire la vase comme un diamant!

    Il dore la brume!

    Et à côté broutent paisiblement les vaches!

    Ainsi est la puissance de Dieu, dans le repos!

    Où sont les pierres folles?

    L'enfant retrouve son amour

    Et sa paix dans le spectacle de la nature,

    Car l'homme est encore fait pour découvrir la beauté!

    La reconnaître!

    C'est le chemin de sa conscience!

    S'il ne voit pas la beauté,

    Il ignore la puissance de Dieu!

    Il ressent l'incohérence

    Et il a peur,

    Il se ferme

    Et le monde des pierres devient terrible!

    Il est bon de rejoindre la beauté,

    Pour retrouver Dieu!

    Il n'y aura pas de solutions pour les pierres,

    Tant qu'elles ne s'intéresseront pas à la beauté!

    C'est la domination qui les en empêche!

    L'enfant voit la puissance de Dieu

    Et se rassure!

    Car la beauté ou la puissance de Dieu sont sans limites!

    Il n'y a pas de beauté sans puissance!

    Elle est le signe de la puissance!

    Elle est le don de la paix!

    Elle est au-delà du besoin,

    Et c'est pourquoi elle est toute puissance!

    Pas de paix pour les pierres, sans la beauté!

    Mais la domination méprise la beauté!

    Car elle ne paraît pas puissante,

    Mais enfantine, rêveuse, superflue!

    Voilà pourquoi les pierres vivent dans la nuit,

    Où Stress règne et détruit!

    L'enfant chante la gloire de Dieu,

    Car son cœur déborde d'amour et d'allégresse!

    Voilà le soleil de l'enfant!

    Qui est fort?

    La pierre ou l'enfant?

  • Le Royaume de Dieu

    Le royaume

     

     

     

     

                                      "Tout va s'arranger, m'sieur Milan!

                                       J'ai pu avoir une cellule près de la vôtre!"

                                                                   L'Emmerdeur

     

     

     

     

    Le Royaume de Dieu est sous nos yeux!

    Il suffit de savoir regarder la beauté

    Et notamment le ciel et ses merveilles!

    Nous sommes dans le Royaume de Dieu,

    Où Il nous aime d'un amour fou!

    Où tout nous est donné avec profusion!

    Où l'économie n'existe pas!

    Regardez la force de la vie!

    Rien ne l'arrête!

    Elle donne sans retenue!

    "Folie! Folie que tout cela!" crie la pierre!

    "Ne vois-tu pas combien le monde est dur!" poursuit-elle!

    "Pauvre naïf! Rêveur! Comment tu vis?

    C'est le dieu travail qui règne!

    C'est le dieu de la peur!

    Nous sommes tous ses esclaves!

    Comment tu vas manger?

    Et tu parles de Royaume de Dieu?

    Et tu parles de la générosité de Dieu?

    Et tu parles même de Lui?

    Pauvre fou!

    Regarde la misère, l'injustice!

    La souffrance!

    Comment peux-tu dire que Dieu existe

    Ou que son Royaume est ici!"

    Ainsi va la pierre!

    Ainsi crie-t-elle!

    Un peu par raison,

    Beaucoup par peur,

    Terriblement par hypocrisie!

    Ne voir que la souffrance,

    Que la haine,

    Que la dureté,

    Est incohérent

    Et donc ne crée pas l'équilibre!

    La beauté est là à profusion!

    C'est le Royaume de Dieu!

    C'est l'amour dans la création!

    Dans le don!

    Pour tous les hommes!

    Et entre les hommes!

    Pourquoi le monde est-il si dur?

    Pourquoi ne voyons-nous pas le Royaume?

    Pourquoi ne sommes-nous pas heureux!

    Pourquoi ne connaissons-nous pas l'amour infini?

    L'espérance infinie!

    C'est à cause de la dureté de nos cœurs!

    C'est à causes des pierres!

    La pierre veut dominer!

    Dire qu'elle est le maître ou la maîtresse!

    Elle le veut parce qu'elle a peur,

    Mais aussi parce que ça lui plaît!

    On connaît la chanson!

    Plus la pierre a peur

    Et plus elle veut dominer!

    Et plus elle veut dominer

    Et plus elle fait un monde terrifiant!

    Et ainsi de suite!

    Le monde aujourd'hui dit: "Si tu tombes,

    T'es mort!

    Personne ne te ramassera!"

    C'est la terreur

    Et la domination en maître méprisant!

    C'est l'époque du complot!

    Des peurs obscures, quasi hystériques!

    C'est Stress qui commande la ville!

    Qui dit: "Allez! Allez!

    Dis donc, toi? Pourquoi tu souris?

    Tu profiterais pas des autres, des fois?

    Allez! Allez!

    C'est moi, qui commande! Je suis Stress!

    Je vous détruis lentement!

    Je vous écrase!

    Je vous mouds!

    Vous allez goûter mon fouet!

    Bienvenue dans la cale du navire!

    Les riches sur le pont, pour l'air pur!

    Les pauvres, dans les centres sociaux,

    Où on pleure, où on a peur!

    Vous avez entendu parler d'un Royaume de Dieu?

    Je vais vous guérir de cette illusion!

    Voici Argent!

    Il dirige avec moi tout ce bazar!

    Vous lui obéirez comme à moi!

    C'est clair?"

    Où est le Royaume?

    Pourtant il est là!

    Dans le ciel qui passe avec sa majesté!

    Dans la fleur qui pousse entre les pavés!

    Dans le murmure de la pluie!

    Il est dans le cœur de chacun, mais enfermé!

    Il veut se libérer, s'étendre, rayonner!

    Mais la pierre l'en empêche!

    Pourquoi tant de pierres,

    Puisque ce sont elles qui refusent le Royaume?

    Parce que Dieu est amour!

    Il ne saurait forcer, contraindre!

    Il ne peut frapper, ni blesser, ni même conduire!

    Il est désemparé!

    Oui, il est désemparé devant la haine!

    Il aime et on ne l'aime pas!

    Le voilà impuissant!

    Et les pierres se meurtrissent!

    Et les pierres s'écrasent entre elles!

    Et les pierres gémissent et disent: "Il n'y a pas de Royaume!"

    Que les pierres fassent un premier pas vers l'amour!

    Qu'elles aient confiance comme l'enfant!

    Qu'elles aient au moins ce petit courage!

    Ce tout petit courage!

    Qu'elles disent: "Dieu m'aidera!

    Si le Royaume est ici,

    Alors Dieu est le maître!

    Et doit m'aimer,

    Car moi je l'aime!"

    Ainsi est la foi! la confiance!

    Ainsi est l'amour!

    La reconnaissance de l'autre!

    La voie des pierres est sans issue!

    L'enfant "ne sait pas" et se confie!

    L'enfant a confiance et espère!

    L'enfant ne dit pas: "Je veux être le maître!"

    L'enfant dit: "Je veux être heureux!

    Le monde n'as pas de sens, si je ne suis pas heureux!"

    L'enfant n'est pas hypocrite!

    Quand il a peur, il dit: "J'ai peur!"

    Il ne cherche pas à être le plus fort!

    Il ne se cache pas!

    Le Royaume de Dieu est ici!

    Dieu est le maître,

    Mais un maître d'amour!

    Les pierres se rendent esclaves!

    Par peur du "petit pas"!

    Dieu donne sans limites,

    Encore faut-il le voir!

    Qui verra le Royaume de Dieu?

    Qui chantera ses merveilles?

    Qui délivrera les pierres?

    Qui leur donnera à boire?

    Qui sera comme le soleil?

  • Nouvelles lois!

    Les lois

     

     

     

     

     

    Tout homme qui emprisonne la lumière

    Est une pierre!

    Tout homme qui ne sert pas la lumière

    Est une pierre!

    Tout homme qui veut la lumière pour lui seul

    Est une pierre!

    Tout homme qui ne voit pas l'autre

    Est une pierre!

    Tout homme qui veut la soumission de l'autre

    Est une pierre!

    Tout homme qui veut sa propre gloire

    Est une pierre!

    Tout homme qui ne cherche qu'à triompher

    Est une pierre!

    La pierre ne s'enchante pas du monde!

    Elle ne le comprend pas!

    La pierre ne voit pas la beauté

    Ou la méprise!

    La pierre ne voit pas le don de la vie!

    Ni Dieu!

    La pierre ne voit pas la générosité de l'existence!

    Sa force infinie!

    La pierre est mécontente et craintive!

    Elle a plein de problèmes,

    Même avec le ventre plein!

    La pierre crée le chaos par son égoïsme!

    La lumière est à l'origine du monde,

    Si on la veut pour soi,

    On rend le monde malade!

    A servir la lumière,

    Il n'y a nul endoctrinement!

    Nulle contrainte!

    Nulle servilité!

    C'est une question d'amour!

    De réjouissance!

    De fête!

    D'admiration!

    D'adoration!

    C'est assez mystérieux!

    Il n'y a pas d'égoïsme!

    Ni de craintes!

    C'est du miel!

    Le monde est dur à cause des pierres!

    Elles ne veulent pas se libérer!

    L'enfant est amoureux!

    C'est pourquoi il ne méprise personne!

    L'enfant est contre le mensonge et l'égoïsme,

    Mais sitôt qu'on fait preuve de lumière,

    Il aime à nouveau!

    Il accueille à nouveau!

    L'enfant ne nourrit pas de haine!

    L'enfant est amoureux!

    Seul lui voit le monde cohérent!

    Les pierres ne voient pas la beauté!

    L'enfant voit les pierres et la beauté!

    Il sait pourquoi il y a des pierres!

    Il les comprend!

    Il les attend!

    Comme Dieu!

    Les pierres sont lourdes et haineuses!

    Elles font leur propre malheur!

    Alors que le paradis,

    La profusion de Dieu,

    L'infinie lumière leur sourit!

    La pierre travaille pour elle-même,

    L'enfant pour la lumière!

    La pierre ne voit pas la planète!

    La pierre est lourde et veut écraser!

    La pierre a peur et elle fait peur!

    L'enfant est léger,

    Car il est porté par la lumière!

    La pierre est inquiète,

    Car elle se soucie de son image, de sa domination!

    L'enfant joue et s'amuse,

    Car il est confiant!

    La pierre doit toujours dominer, gagner,

    Sinon elle s'épuise et elle a peur!

    Qu'est-ce qui peut briser la pierre?

    Qu'est-ce qui peut la changer?

    L'enfant parle à la pierre,

    Mais elle méprise l'enfant!

    L'enfant dit à la pierre: "Regarde!"

    Mais la pierre ne regarde pas!

    La pierre a peur et est pressée!

    La solution, c'est que la pierre regarde l'autre

    Comme une réalité!

    C'est qu'elle cesse de vouloir être la plus forte!

    Si l'autre se sent quelque chose,

    Alors il est rassuré

    Et la sécurité s'installe!

    Peu importe la situation économique!

    Nous avons peur, parce que nous sommes des pierres!

    L'autre demeure un étranger pour nous!

    Regarde l'autre!

    Prends conscience de son existence,

    En abaissant ton impatience!

    Aime-le, comprends-le!

    Ainsi progresse la paix!

    Il n'y a pas d'autres chemins!

    Plus l'autre est une réalité

    Et moins tu es une pierre!

    La crise va revenir!

    La tempête va revenir,

    Car les inégalités augmentent!

    C'est le résultat des pierres!

    Seul l'enfant arrête la spirale!

    Seul l'enfant donne!

    Seul l'enfant fait espérer!